Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30/09/2016

Les grabellois regretteront longtemps la localisation de l’école de la Valsière

Où en est l’école de la Valsière ? Le maire, si prompt à communiquer, fait preuve d’un silence assourdissant sur ce sujet. Seules informations connues : un dépôt de permis de construire le 4 mai  mai 2016, un permis toujours à l’instruction a priori, une rapide réunion à la Valsière sur la présentation du projet lauréat, choisi par les élus, un projet attirant mais coincé dans un espace étriqué et soumis à des contraintes contre les inondations. Cette localisation est d’autant plus regrettable qu’un autre choix de localisation de cette nouvelle école, mais pas que, aurait été possible et souhaitable.


Les grabellois n’auront pas fini, avant bien longtemps, de payer, sur bien des plans, le choix désastreux de la localisation de la nouvelle école à La Valsière, coincé entre un dépôt de bus, les logements sociaux de l’opération stradivarius, et le grand bassin de rétention du lotissement Valparadis.

La note a commencé à être salée avec les achats de terrain pour l’école. Ce terrain, d’une surface totale de 8840 m², est en fait constitué de 2 parcelles, l’une (AH 41) de 5 640 m² appartenant au groupe GGL ; l’autre (AH 42)  de 3 200 m², appartenant au CHU de Montpellier

Site école-2.jpg

.

Alors que le budget primitif mentionnait un montant de 600 K€ pour ces terrains, la dépense effective de ces terrains a avoisiné 810 K€, d’après Midi Libre, soit un premier dépassement de 35 % (+200 K€).

http://www.midilibre.fr/2016/07/16/ecole-de-la-valsiere-a...

Ce terrain, très enclavé a un ENOOOORME inconvénient : sa petite superficie !

Il est bordé de cours d’eau ce qui rend impossible toute construction sur la partie Est de la parcelle, plus basse que sa partie Ouest et qui se trouve proche de ces cours d’eau, conduisant de fait  à un risque d’inondation pour tout  un bâtiment scolaire implanté à cet endroit-là.

Cette faible superficie rend impossible la réalisation d’un bassin de rétention (obligatoire compte tenu de la superficie de plancher construite) sur la parcelle. Et donc, l’architecte retenu par la commune a dû se résoudre à prévoir 2 bassins de rétention : le premier sous le parking enseignant, le second plus important, sous la cour d’école. Les bassins de rétention de ce type sont donc construits et présentent un système de buses pour capter l’eau puis en retarder l’écoulement. La fiche technique d’un bureau d’études spécialisé en hydraulique indique que l’avantage de ce procédé est qu’il ne consomme pas d’espace (c’est le but recherché par l’architecte) mais que c’est une solution coûteuse , avec des ouvrages bâtis dont l’inspection et l’entretien sont complexes.

Télécharger la fiche technique : FT Bassins enterres.pdf

On ajoutera que sous une cour d’école, c’est un point extrêmement délicat : l’eau d’un bassin de rétention de ce type et fonctionnant mal sort comment ? En geyser dans la cour d’école ?

On peut d’ailleurs se demander si ce dispositif n’est pas une des causes du retard pris dans la délivrance  du permis de construire, à l’instruction depuis le 4 mai 2016, soit depuis près de 5 mois, et qui n’a toujours pas été obtenu.

On attendra sur ce point l’explication détaillée de Jean Louis Pagès, adjoint au maire, et grand spécialiste des inondations, des bassins de rétention et de la transparence hydraulique.

 Autre inconvénient de ce bassin  : du fait d’un espace construit sous la cour, la végétalisation de cette cour (avec des arbres) sera difficile, ce qu’a reconnu l’architecte lors de sa rapide présentation de son projet à La Valsière. Après la place Jean Jaurès -cagnard et ses 6 arbres, la cour de la nouvelle école devrait être du même acabit, avec moins d’arbres encore, contrairement aux prescriptions du cahier des charges de la programmation de cette école, qui prévoyait une cour « végétalisée ».

Cette faible superficie ne permettra pas de réaliser ce que prévoyait le cahier des charges de la programmation de ce groupe scolaire.

Télécharger le cahier des charges de la programmation de l'école : 15PIEPVA-Cahier des charges et annexes.pdf

Les élus souhaitaient initialement un groupe scolaire comprenant

  • 8 classes maternelles (+ salle de motricité + salle vidéo/bibliothèque + 2 salles d’ALAE+ 1 cour végétalisée),
  • 6 classes élémentaires (+ 1 salle ALAE + 1 salle vidéo/bibliothèque + 1 classe informatique + 1 cours végétalisée distincte de celle de la maternelle).
  • Un restaurant scolaire commun aux 2 pôles (maternelle et élémentaire)
  • Un gymnase
  • Un terrain de sports
  • Des jeux pour enfants

Ces 3 derniers équipements (gymnase, terrain de sports et jeux pour enfants) pouvant être utilisés en dehors des heures scolaires.

Le projet présenté est très nettement en dessous de ces ambitions initiales, faut de place surement et faute peut-être aussi de moyens financiers (ah cette Maison Commune budgétivore !)

Si le pôle « maternelles » correspond au descriptif de l’étude de programmation, en revanche, le pôle élémentaire ne comprendra que 4 classes au lieu de 6, aucune des salles annexes (ALAE, video, informatique), et la  cour sera commune à celle de l’école maternelle.

Le « gymnase » sera réduit à une salle d’environ 120 m², soit l’équivalent de la salle actuelle du conseil municipal (alors qu’un gymnase, avec un terrain de handball, fait environ 1000 m²). Enfin, il n’y aura ni terrain de sports, ni jeux pour les enfants.

presentation-du-futur-groupe-scolaire-Grabels-valsiere_2c.jpg

Télécharger l'image :presentation-du-futur-groupe-scolaire-Grabels-valsiere_2c...

Cette première phase (4 classes maternelles, 4 classes élémentaires) sera-telle prête en septembre 2017, comme l’a promis et réaffirmé de nombreuses fois le maire ? René Revol ne communique plus sur ce sujet mais au 30 septembre  le permis n’était pas délivré. La commune prendrait un gros risque en lançant l’appel d’offres pour les travaux pendant les délais de recours (2 mois). Si le permis était accordé au 15 octobre par exemple, les délais de recours sont terminés au 15 décembre. Les appels d’offres peuvent être lancés à cette date. Vacances + délais de réponse aux appels d’offres, choix de entreprises amènent à un début des travaux en mai 2017 environ (si la procédure est très rapidement menée) : faire une école en 4 mois en pleines vacances d’été est impossible. Par conséquent, la nouvelle école sera prête au mieux pour la rentrée 2018 (sans retard particulier du type défaillance d’entreprises comme la nouvelle mairie en a connu de nombreuses).

L’école de la Valsière sera donc incomplète, sans équipement pour des classes élémentaires qui seront réduites à la portion congrue, le tout pour un coût annoncé et voté dans le budget 2016, de 6,3 M€. Sauf que le prix du terrain (800 K€) a déjà dépassé la prévision (600 K€) et que l’on est pas sur que ces dépensent intègrent le surcoût des bassins de rétention sous la cour d’école et le parking des enseignants.

L’enclavement de cette école, qui nécessitera de modifier le plan de circulation dans ce quartier (selon des modalités non arrêtés à ce jour) ne permettra pas d’extension ce classes supplémentaires, à moins de bricoler comme la mairie le fait actuellement à l’école Joseph Delteil en affectant la bibliothèque à des salles de classe.

Du coup très vite, et surtout si le quartier de Gimel démarre rapidement, comme semble le souhaiter la majorité actuelle (besoin de nouveaux impôts locaux encore pour rétablir à court terme la situation financière dégradée de la commune), cette école de la Valsière sera trop petite …et une nouvelle école devra être réalisée, sans doute du côté de Gimel. Coût : 5 M€, 6M€ ou 7 M€ ou plus ?

La programmation des équipements scolaires dans Grabels ressemblera alors à un fiasco, sur le plan urbanistique et sur le plan financier

Un autre choix de localisation de l’école et d’autres équipements complémentaires liés peu ou prou à l’école, comme un VRAI gymnase, un VRAI centre de loisirs, une VRAIE salle des fêtes, de VRAIS terrains de sports, était possible, si une réflexion à moyen ou long terme avait été menée sur la localisation des équipements publics sur Grabels, compte tenu du développement de la commune.

Cet autre choix, il portait sur la réservation, auprès de la SERM (entité semi-publique au service des collectivités locales) d’un vaste terrain, avec une superbe vue sur le village et l’arrière pays (plutôt que sur un dépôt de bus) , sans contrainte d’inondations, idéalement  placé entre les actuels et futurs pôles d’urbanisation de la commune, parfaitement relié aux voies de circulation et aux futures liaisons douces (très sens sommeil depuis 7 ans). Il avait été présenté aux grabellois par l’équipe que je conduisais lors de dernières élections municipales.

Tract ecole BAT2_1.jpg

Télécharger le tract école de la liste Grabels Autrement diffusé lors des municipales de 2014 : Tract ecole GA 2014.pdf

 

école de la valsière

 

René Revol et sa majorité municipale pourront toujours dire que les citoyens ont tranché sur ce débat de la localisation de l’école et le devenir des équipements publics, en reconduisant le maire actuel, qui avait fait état de son projet d’école sur la Valsière.

C’est vrai, si un vrai débat sur ce sujet avait eu lieu : mais dans ce domaine, l’histoire ne repasse jamais les plats et la localisation d’une école marque durablement l’organisation d’une commune, son « vivre ensemble »   …et ses finances. Le plus comique, si on peut dire, serait que la troisième école, à programmer à l’horizon 2020-2025, soit tout juste après la fin des travaux de l’école de la Valsière, soit situé sur le terrain que je proposais. On aura alors perdu beaucoup de temps et beaucoup, beaucoup, beaucoup d’argent.

D’ici là, les grabellois, qui viennent de recevoir leur taxe d’habitation, en forte hausse, auront chaque année l’occasion de méditer, à la lecture de leurs impôts locaux , qui augmenteront encore, sur les véritables enjeux d’un projet municipale et ses conséquences sur leur quotidien.

Commentaires

Tout ça est une évidence. Aucun bon sens...

Écrit par : BOURLEAUD | 30/09/2016

Pour faire suite, lire le Midi Libre de samedi. Je suis curieuse de la réaction des parents, des enseignants et du contribuable en général lorsqu'il faudra passer à la caisse pour des options une fois encore plus couteuses que d'autres et qui ne répondent pas à l'urgence.
Que dire aussi des choix qui vont être faits avec la ZAC de Gimel qui se profile à l'horizon ?

Écrit par : Nicole Ansidei | 16/10/2016

Les commentaires sont fermés.